Tilali : partage en bambara
Tilali : partage en bambara
La famille Diarra : ma famille d'adoption
Au Mali, chaque étranger est baptisé et prend le nom de sa famille, ne togo (je m'appelle) Asseytou Diarra
et voilà ma famille
Diarra
père Son
épouse
Ses enfants la belle Awa, Rokia, ma petite soeur de coeur, Seriba d'une gentillesse inouïe et Daouda, un grand "sage" (sans oublier
Iranka, Fatim et Benke)
Ses deux belles filles, Ma et Maï
et tous ses petits enfants
les enfants du quartier
Et la boutique de Seriba
A Yama que je
n'oublierai jamais
Kiatou et ses trois enfants : Mama, Boi et Mami
Sally et
Oumar Alimatou et
Sally Aminata
Sans oublier la grand-mère, Setou, Karim et Solo
Merci de me faire partager votre quotidien
La troupe Babemba, que l'on peut trouver au Carrefour des jeunes à Bamako, répétition à 16h
avec son directeur technique Boubacar Bagayoko dit Babouya, djembefola mais aussi grand danseur
Madou, balafonniste entre autres Ousmane, mon doroni Et ... la
relève
Retour à Nancy, dans le froid, le retour est un peu dur... J'en profite pour vous envoyer ce mail écrit à Bamako, mais problème internet oblige, je n'ai pas réussi à l'envoyer.
I ni sogoma,
Pour une fois, juste un petit mesage pour vous donner quelques nouvelles, cette année pas de grandes aventures à vous conter, juste un quotidien où il fait bon vivre.
A chaque départ au Mali, j'ai toujours une petite appréhension, que vais-je retrouver là-bas, les rapports entre les amis, les familles, cela faisait deux ans que je n'étais pas revenue, et tout est intact, authentique, comme si je les avais quittés la veille. Ces retrouvailles sont un grand bonheur pour moi, je suis malienne et je fais partie de la grande famille, beaucoup de personnes à visiter, passer du bon temps en toute simplicité.
Toujours cette impression que le temps s'est arrêté, mais ici on a tout simplement le temps, on se sent d'une grande légèreté, libre de toutes préoccupations,
juste partager de bons moments. On prend même des petites
habitudes, se réveiller à l'aube observer l'effervescence de la cour, enfants comme adultes, pas
toujours bien réveillés, les salutations et bénédictions, les enfants dans leur uniforme allant à l'école, s'occuper d'Oumar, le petit
dernier de la cour, à peine deux mois, qui a pris la fâcheuse habitude de me baptiser,
prendre sa douche au saut, retrouver Madou dans son boui boui et partager un lipton, bourou berr (thé, pain beurre), où les leçons de bambara avancent à grand pas. Parler et comprendre
leur langue prend alors une tout autre dimension, en plus ça m'éclate, je prends un malin plaisir à surprendre le prendticket, dans le sotrama en lui disant que je descends.
Les retrouvailles avec les différentes familles sont incroyables, énormément de bonheur, de joie, dans la famille où nous logeons mais aussi dans ma petite
famille de coeur, les Diarra, je ne les avais pas prévenus de ma
présence au Mali, effet de surprise garanti les femmes ont accouru vers moi en criant mon nom , les enfants
sautaient de joie en hurlant, le père de famille (qui est aveugle) arborait un beau sourire et s'est caché quand je le lui ai fait remarqué. C'était vraiment un gand moment pour moi, par contre
un évènement va entâcher ces retrouvailles et c'est là où je vais avoir besoin de vous. Je vous avais déjà parlé de ma petite soeur de coeur Rokia, souffrant d'épilepsie, la joie de se retrouver
à été suivie d'une crise qui m'a énormément touché, d'une part parce que c'est impressionnant et d'autre part parce que c'est son quotidien, c'est leur quotidien, elle est en crise, personne ne
s'occupe d'elle et puis la crise passée elle se relève, va se laver et revient parmi nous comme si rien ne s'était passé. Je ne sais plus quoi faire pour l'
aider, je l'ai déjà emmenée voir un soi disant spécialiste, le traitement était trouvé et
je reviens et les choses empirent, alors si vous avez des idées, des conseils, des personnes que vous connaissez qui pourraient m'aider à lui rendre la vie plus agréable, je vous en serais
vraiment gré. Je ne peux pas repartir d'ici en l'"abandonnant", d'autant que son regard a changé et me montre que ces crises à répétition sont plus que néfastes pour elle.
C'était une minute un peu plus triste que d'habitude mais en en parlant, peut-être que je pourrai trouver une solution.
Sinon, ici c'est l'hiver, oui oui je vous jure, les anoraks sont de mises le soir, enfin pour eux parce que pour nous le débardeur va très bien (difficile d'avoir froid quand il fait 23-25 degrés en soirée!!!).
Rencontre avec une troupe de danse, les Babemba au carrefour des jeunes, les répétitions (félicitations, du courage!!!), les soirées au son du balafon et des chants de Sissokho qui a une voix extraordinaire, les mariages, où on rentre dans la danse, de plus en plus facilement je dois l'avouer, on se sent vraiment chez soi.
Les cours de danse toujours aussi speed, bon d'accord on se fait engueuler mais on est là pour travailler, non !!!
Et puis un petit voyage quand même, Sikasso, une ville proche de la Côte d'Ivoire, région des plus vertes, où les fruits et légumes poussent en abondance. Un petit voyage de 7h comme je les aime, une organisation tirée par les cheveux, arrivés en retard pour prendre le bus, on prend un taxi pour le rattrapper au poste de contrôle, il n'est pas là, on part s'installer pour attendre l'autre et non vite vite il arrive, on court et on se retrouve avec les plus belles places qui existent, je me retrouve sur un strapontin tout déglingandé, un peu derrière le chauffeur, les pieds au niveau des mes fesses, la méga position ! au bout d'une demi-heure, mes pieds chauffent, mes tongues sont brûlantes, je me rends compte que je suis juste au dessus du moteur, le "pied", du coup je prends des positions pas possibles, toutes plus inconfortables les unes que les autres et prend tout à la dérision, je vais carrément m'asseoir en tailleur, en faisant dos à la route, enfin au bout de 5h, on me donne un autre siège, je peux enfin dormir !!!
Sikasso était un grand moment de calme, à Bamako tout est toujours bruyant, pollué...., On est hébergé par une famille dont le père est nostalgique de la colonisation, Paris Dakar il n'y a que ça qui compte, d'ailleurs je dois lui trouver une femme d'un quarantaine d'années, si cela vous intéresse !!!!!!
On assiste à un festival de balafon, l'ouverture était marrante, une fo
ultitude de personnes était venue y assister, on se fraye un petit chemin, des enfants nous cèdent leur place et on se
retrouve au milieu d'eux assises par terre. On vient ensuite nous chercher pour nous installer dans la tribune présidentielle, quelques rangs derrière le ministre de la culture (et oui être
toubab !!!), les troupes en compétition défilent et font tout pour se faire remarquer, cela se fait dans la joie et la bonne humeur, suivi d'une danse des masques. Le soir, la compétition
sera d'un niveau extraordinaire, des joueurs de balafon tous plus fous les uns que les autres sautant dans tous les sens, jouant en tenant le balafon par les dents, faisant des acrobaties,
accompagnés de danseurs chanteurs et autres percussionnistes, un grand moment quand une trouve ivoirienne a entamé l'hymne national tout le monde s'est levé et l'a chanté, c'était vraiment
magique !!!
Les derniers jours à Bamako sont passés très vite, beaucoup trop, les aurevoirs ont été déchirants, une chose est sûre, on va se revoir très vite ... Inch Allah.
Je vous embrasse
On se retrouve très vite
Flo