Mali 2008

Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 19:06
Le FESTIP 2009 se tiendra du 14 au 23 mars à la Maison des jeunes à Bamako.
Différents pays invités : le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Sénégal ... mais aussi l'Espagne et le Vénézuela.

Au programme, concerts, conférences-débats, défilé de mode, foire artisanale ... mais aussi un carnaval à travers Bamako.

Pour de plus amples renseignements :
festipbko@yahoo.fr

à ne pas manquer !!
Par Florence - Publié dans : Mali 2008
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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 16:07





























Par Florence - Publié dans : Mali 2008
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Lundi 9 février 2009 1 09 /02 /Fév /2009 18:53

Me voilà de retour parmi vous.

Aujourd'hui est un sentiment très étrange.
Impression de ne pas avoir quitté cette grisaille nancéienne !

Et pourtant 3 mois se sont écoulés, 3 mois riches en émotions, 3 mois qui me paraissent si peu finalement tellement tout a défilé à une vitesse grand V.

Que de belles rencontres, retrouvailles !
Que de chaleur !

Je pense avoir touché l'Afrique (le Mali) encore un peu plus près
Je pense la comprendre davantage
Je pense l'aimer tout simplement...



Par Florence - Publié dans : Mali 2008
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /Fév /2009 22:46

J-3 : le départ approche à grands pas. J’en ai bien conscience mais ce n’est pas encore palpable. Je profite un maximum du temps qu’il me reste et redevient par là-même un peu française dans la manière de gérer ce temps.


Depuis ma rencontre avec K, les bonnes choses comme on dit ici continuent de me sourire, une chouette matinée passée dans le studio d’enregistrement de l’ORTM, à être surprise (limite à rougir) par les différentes dédicaces des journalistes à l’antenne, c’était d’ailleurs très intéressant de les voir travailler et très surprenant de constater que la K7 vit encore ici de beaux jours.

Un petit week-end à Kourémalé, village frontalier avec la Guinée, dans une auberge tenue par une chouette petite famille qui souhaiterait me garder quelques jours afin de m’occuper de la décoration d’intérieur, encore un projet qui m’aurait bien plu mais encore une fois le temps me manque, à défaut on échangera quelques idées. Ce petit week-end fut des plus appréciés, sortir de Bamako, de ses embouteillages, du bruit et de la pollution, m’échapper un peu de la troupe et de sa gestion et profiter en toute simplicité de ce calme ambiant, à écouter les petites anecdotes africaines au coin du feu par un beau ciel étoilé, ma petite chambre avec son lit coulé en béton et son matelas de paille … quelle nuit récupératrice !! Le réveil, quant à lui, fut comment dirais-je, un peu film gore, ma première vision fut celle d’un bœuf, les quatre pattes en l’air, en train de se faire dépecer, juste devant nous … on ne pourra rien dire, ce sont des Guinéens, c’est marrant de savoir qu'à peine à 10 mètres de l’entrée de l’auberge, on met le pied en Guinée. Il faut donc faire attention à ne pas rentrer illégalement dans le pays !


De belles petites soirées musicales au palais de la culture pendant le festival « Les voix de Bamako », avec les concerts des Tartit, du Super Biton de Ségou avec un petit virtuose de la batterie (8 ans, cela promet pour la suite), de Mangala Camara, un chanteur des plus populaires ici mais aussi des plus atypiques que j’ai eu la chance de côtoyer presque quotidiennement, toujours en toute simplicité, mais aussi de Néba Solo et de ses balafons enchanteurs.



Ce festival aurait été parfait si d’une part il n’avait pas fait si froid, et oui difficile de vous parler du temps quand on connaît les intempéries françaises, mais ici aussi on a eu notre hiver, bon d’accord 10 jours seulement, mais les baisses de températures étaient un peu violentes, je passai mes nuits emmitouflée dans ma polaire, mon gilet et mon chech (et j’avais encore froid), et si d’autre part il n’avait été entaché par le deuil subit d’un grand musicien, le trompettiste Harouna Barry.


Une semaine avant le départ, la danse, il était temps, quelques répétitions avec la troupe, mais surtout des petits cours avec Anaëlle et Sissoko, le danseur d’exception des Babemba, avec en prime ses chants envoûtants. Ca bosse !! mes pieds qui ressemblaient déjà à ceux d’une broussarde (j’avoue que j’ai un peu honte quand même !) sont meurtris par les gerçures, mais bon au point où ils en sont !!





Après l’effort, le calme de l’atelier de bogolan où l’on me délivre les secrets de cet art noble, d’ailleurs, après l’apprentissage sur de grands tableaux, je réalise les finitions de deux robes conçues spécialement pour moi ! je les aurais bien fait rire avec mon sens un peu trop développé de la perfection, voire parfois de l’acharnement (je suis restée plus de 8h dessus un jour alors que la nuit était déjà tombée ! Mais quelle fierté de les porter et d’entendre que c’est bien fait ! Que j’apprécie ces moments passés ici, à discuter avec les uns, les autres, parfois j’ai même l’impression d’être une personnalité, avec toutes ces salutations.


Après Salif Keita, Toumani Diabaté, Mangala Camara, c’est avec le plus grand plaisir que j’ai rencontré Habib Koité, encore une fois, toujours avec simplicité, en assistant à une répétition d’exception, c’était limite un concert tellement c’était fluide et maîtrisé, des musiciens hors paires, notre petit joueur de tamani et son sourire, hein ma zaza, qu’est-ce que j’ai pensé à toi, un bassiste incroyable et tous en fait, petits moments d’exception, Habib chantant a capella avec le balafon qui répétait ses mélodies, et cette petite coupure de courant qui nous offrira une version acoustique éclairée au « portable » !


Premier concert de l’orchestre des Babemba, quelques petites améliorations à apporter mais c’était chouette de pouvoir les voir jouer avant le départ.

 

Le départ c’est un mot qui a un goût amer ces jours-ci. Ce séjour est passé tellement vite, difficile de croire qu’il faille déjà rentrer mais bon c’est comme ça, je vais en profiter jusqu’au bout, je me suis arrangée avec une personne d’Air France pour arriver un peu plus tard à l’embarquement afin de pouvoir assister au début du concert d’Habib et de partir fissa pour vous retrouver en espérant ne pas me faire attraper par le froid !

Par Florence - Publié dans : Mali 2008
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 /01 /Jan /2009 18:14










 

 

 

 

 

 


 

 

La fin du voyage approche, je me suis laissée porter par un quotidien malien, bamakois je devrais préciser. Finalement partir 3 semaines ou 3 mois, le résultat est le même, toujours cette frustration de ne pas être allée aussi loin dans les rapports avec les uns et les autres et de ne pas avoir su gérer un peu mieux son temps même si l’objectif en venant ici était de se fondre dans la masse. Se fondre et non se confondre… On reste soi-même, avec sa propre culture, mais avec le désir de rencontrer l’Autre.

L’Afrique a quelque chose de féérique, d’envoûtant mais elle a aussi ses côtés obscurs, ses réalités qui parfois nous happent en plein vol et qui ne sont pas toujours faciles à comprendre et encore moins à gérer, le rapport à l’argent sous toutes ses formes, les rapports hommes-femmes mais aussi Noirs-Blancs, ou encore très récemment pour moi, le rapport à l’homosexualité et la violence qui l’entoure. Ces réalités sont d’autant plus intéressantes à vivre car dans un premier temps elles m’apprennent à me découvrir davantage et dans un second temps elles m’apprennent à découvrir l’Autre beaucoup plus en profondeur et à apprécier plus intensément tous ces petits moments partagés, ces regards, ces sourires…

 


Le soir du 31 décembre, par exemple, perchée sur la colline à observer toute l’effervescence dans Bamako, le feu d’artifice tiré de tous les côtés de la ville, les deux ponts illuminés par les va-et-vient incessants des voitures pour finir à 3-4h du matin par de gigantesques embouteillages qui en agaceront plus d’un (mon voisin mettra plus de deux heures à rejoindre la maison !)

 

Toutes mes petites habitudes, du boutiquier d’en face (buru kilanche ani vache kiri kele ani lipton kele : mon petit-déjeuner), au petit vendeur de cigarettes qui dès qu’il me voit me tend mon paquet de petit beurre (on ne se refait pas ma zaza !), la petite vendeuse de fruits au coin de la rue et son beau sourire, Batoma et ses bises dans son restaurant de rue, les câlins de Baba … mais aussi la traversée du vieux pont, à pieds tous les jours (dans le bruit et la pollution) et mes rendez-vous journaliers à la maison des jeunes, les discussions avec Augustin, le responsable de l’atelier de bogolan, et tous ses loustics, les petits moments partagés avec les plus âgés, le thé avec les chauffeurs de l’hôtel d’en face, sans oublier les Babemba et Dionkoloni.

 

J’apprends beaucoup sur l’Afrique au contact de Dionkoloni, journaliste connu et reconnu de la radio et de la télévision, qui codirige la troupe « avec moi », tâche qui n’est pas toujours des plus faciles mais on est tous les deux sur la même longueur d’onde et on avance don doni comme on dit ici. Différents projets commencent à voir le jour, la reconstitution de l’orchestre qui se met en place avec les belles voix de Sissoko et Safy, et de tous ceux qui viennent les rejoindre pour apporter une couleur supplémentaire, la perspective d’un trio de balafon (un vrai rêve pour moi) et un petit projet qui me tient à cœur : un duo masculin de danse mandingue-contemporaine avec deux jeunes qui m’ont beaucoup touchée par leur amour de la danse, leur soif de travailler et leur sérieux.


 

Orchestre Babemba - répétition

Tous ces projets ont quand même un arrière-goût de frustration dans la mesure où le temps m’étant compté, je ne pourrai être, physiquement parlant, près d’eux pour le lancement, le suivi et la conclusion de tous ces beaux projets !!!

 

Je deviens donc multi-cartes, c’est assez marrant d’ailleurs quand on sait que je n’ai pas de réelles connaissances dans ces différents domaines, je dois même tourner dans un film sur l’immigration clandestine, mais là je dois avouer que j’espère secrètement que le tournage prenne du retard, car franchement je ne me sens pas vraiment à la hauteur et je ne suis pas sûre de pouvoir assurer !!!

 

Mes « étroites relations » avec les Babemba vont me faire assister par la force des choses à un évènement dont je suis peu fière, mais qui me fait tout de même sourire parce que j’ose vous le raconter !!!


Je me suis rendue à l’aéroport avec la troupe pour accueillir un chef d’Etat africain que j’appèlerai K. Je me suis retrouvée sur le tarmac en me faisant la plus petite possible, des pancartes à l’effigie de K ont été distribuées. Impossible pour moi d’en accepter une, même pour récupérer le bois « non, non, c’est contre ma religion !!! », j’en aurai fait tiquer plus d’un avec cette réponse !!!
Petit mouvement de foule, tout le monde se rue sur le côté, je ne comprends pas ce qu'il se passe, une bagarre ? non non juste une distribution des repas non servis du dernier avion à avoir atterri, il n'y en aura pas pour tout le monde d'où ce 100 mètres en moins de 10 secondes. Une demi-heure plus tard, le tarmac deviendra une poubelle grandeur nature.

Nous sommes restés plus de 3h à attendre, l’organisation africaine … la troupe a dansé trois fois suite à des fausses alertes, quand K est arrivé, il s’est rendu directement dans les salons, tout ça pour ça ! une heure d’attente supplémentaire pour attendre la venue d’ATT et là j’avoue que j’ai quand même halluciné, je me suis retrouvée à moins de deux mètres d’ATT et de K sans une horde de gardes du corps, j’aurai presque pu lui serrer la main mais encore une fois « c’est contre ma religion ». Une fois l’animation terminée, nous avons dû attendre plus d’une heure sans explication, j’avais l’impression d’être parquée comme un chien avec des militaires armés ne répondant à aucune de nos questions.
Retour à la maison à 22h : 6h en tout pour des … clopinettes !!!

 

 

 

Par Florence - Publié dans : Mali 2008
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 13:40

Me voilà de retour sur Bamako après une dizaine de jours passée à Kayes pour la biennale culturelle et artistique du Mali où la troupe Babemba fait partie du off.


Vendredi 19 décembre, rendez-vous 6h Ministère de la culture, après un petit détour par le Ministère de l'agriculture (vous me direz il y a culture dedans !!!!!!)
Départ à 7h30, c'est beaucoup mieux que ce que j'avais imaginé !!! Le voyage sera moins épique que les voyages précédents : le bus étant affrété par le Ministère, les places sont comptées, pas une personne supplémentaire, pas d'excès de bagages, pas d'arrêts multiples qui durent à n'en plus finir, juste une joyeuse bande d'artistes (un peu trop sage à mon goût). Premier arrêt, les filles remplissent des petites bouteilles d'eau, je les regarde dubitative, en fait c'était la pause pipi...
Je prends conscience de ma totale inorganisation, je n'ai même pas pensé à prendre une bouteille d'eau pour boire, alors une pour faire pipi !!!

8h plus tard et quelques calories en moins (grosse chaleur), Kayes en vue... un premier arrêt (on ne saura jamais pourquoi d'ailleurs!) et j'en profite pour me soulager (sans bouteille), pause un peu trop longue (et oui les salutations obligent) et le bus en entier s'impatiente ... légère honte !!! C'est reparti, deuxième arrêt (toujours pas pourquoi), le troisième sera le bon, la troupe est logée dans une école dans des conditions plus que limites, des matelas posés à même le sol dans une salle de classe, sans moustiquaire où il faut le dire les moustiques sont légions. Certains membres de la troupe s'inquiètent pour moi, "Flo, tu vas trop te fatiguer ici, il faut aller dormir ailleurs", je n'en ai aucune envie mais je dois me rendre à l'évidence, ça va être chaud !! Un appel téléphonique et une danse Balani (danse du balafon) plus tard, et me voilà sur une moto en route vers ma demeure Kayesienne.

L'hospitalité et la générosité maliennes vont encore me frapper en plein coeur. Première douche à la belle étoile ... un vrai bonheur. C'est dans ces moments que je me sens le plus libre, j'ai la sensation que le monde m'appartient. Rencontre avec les habitants de la cour, que des hommes pour l'instant, les femmes sont en voyage, mon hôte Issa, d'une gentillesse inouïe, d'ailleurs il n'y a pas de hasard Issa travaille pour une ONG, qui gère entre autres une bibliothèque (avec classification Dewey s'il vous plaît!), son neveu Bouba, à l'image de son oncle, Cheik Salah, mon compagnon de chambrée et le voisin Ousmane, un Traore (cousin des Diarra) qui dans ses rêves les plus fous, veut me prendre comme deuxième femme "Tu iras au village chercher les fagots pour me cuisiner le tô" ... Pas de chance je n'aime pas le tô.

Je vais passer 10 jours incroyables en leur compagnie, une vraie princesse. L'arrivée de Bébé et de ses deux enfants, de Fatoumata la servante, va apporter une dimension supplémentaire à ce petit séjour. La cour s'anime davantage, les enfants courent partout, Moussa fait ses premiers pas, la préparation des repas, toujours d'agréables moments. D'ailleurs ma tâche quotidienne : trier le riz, cela paraît simple mais quelle pression sur ma petite tête, il ne doit rester aucun caillou !!! Mine de rien, cela me prendra entre 1h et 1h30 chaque matin pour mener ma mission à bien.








Ouverture de la biennale, le stade est plein à craquer, l'arrivée des parachutistes sur la pelouse va provoquer un enthousiasme générale, l'ambiance est bon enfant. Je me trouve dans les gradins, appareil photo en main, que j'aimerais être au plus près de ce défilé. Allez je tente un coup à la Valérie, je m'approche de l'entrée sur la pelouse ... un photographe officiel ... je deviens son assistante ...Malheureusement pour moi, il ne rentrera pas non plus. Ne baissons pas les bras !!


Enfin les Babemba arrivent, manager oblige, on me laisse entrer, ce qui me vaudra d'être remarquée par tous les Kayesiens (je n'y avais pas pensé, une toubabou au milieu d'Africains en plus avec une robe rose, le meilleur moyen de passer inaperçu, le lendemain j'aurai le droit à des grands sourires "on t'a vu hier au stade" !!!), je vais naviguer entre les troupes, serrant des mains, prenant des photos, trouvant même un sponsor potentiel pour la troupe. Présentation officielle des troupes devant ATT (Président du Mali pour ceux qui ne le connaissent pas), Bamako annonce la couleur et place ainsi la barre très haute.


Pendant 1O jours, huit régions plus le district de Bamako vont s'affronter. Chaque délégation (90 personnes au maximum) doit présenter en 2h30 (en extérieur, ce qui n'est pas pour me déplaire) deux morceaux de son orchestre, sa pièce de théâtre, son solo de chant, sa danse traditionnelle, son ensemble instrumental et son ballet. Autant vous dire que mes soirées vont être bien remplies. Mes après-midi aussi d'ailleurs, entre les concerts des orchestres des différentes régions et les animations du off. Ces dernières vont manquer cruellement d'organisation, personne pour nous accompagner, au sens propre comme au sens figuré, des conditions de spectacles dans la poussière et le vent, les badges du festival que l'on ne verra jamais, cela ne nous empêchera pas d'assister à tous les spectacles et cela occasionnera pour moi un titre, qui me fera bien sourire : madame Florence dans les différents bureaux administratifs, jusqu'au bureau du gouverneur ... et oui je deviens une personnalité ... tout ça quand même pour repartir ... bredouille !!!

Cette expérience va être très enrichissante mais oh combien fatiguante ! La biennale est un évènement des plus intéressants, elle permet de découvrir en un même lieu, toute la diversité cuturelle malienne. Petit voire gros bémol tout de même, une sonorisation des plus mauvaises même inexistante pour une partie du public lors de la représentation de Kayes, je n'entendrai pas un seul mot de la pièce de théâtre mise en scène par Issa, ce qui m'agacera sérieusement ayant assisté pendant une semaine aux derniers réglages. Deux régions vont retenir tout particulièrement mon attention, Sikasso (et sa tradition du balafon) et Gao (la dream team de mon voisin de chambrée), je considère Bamako hors classe, la délégation étant constituée principalement de professionnels, la barre est trop haute et il n'y a donc pas de comparaison possible.






Cette biennale sera l'occasion également pour moi de faire de multiples rencontres "en toute simplicité", le président du jury et sa femme avec lesquels je partagerai la plupart de mes repas, des comédiens, metteurs en scène, musiciens, journalistes, membres du ministère, le consul honoraire de France (chez qui je mangerai de divines brochettes!)...
Je crois que c'est ce qui me touche le plus ici et qui en même temps continue de me surprendre : cette simplicité qui entoure toutes les relations. Tout le monde est très abordable, de l'illustre inconnu à la plus haute personnalité, même ATT se promène relativement librement sans une horde de gardes du corps, quant au Ministre de la culture, il se promène tout seul comme n'importe quel quidam, sur la pelouse du stade !

Clôture de la biennale, aux premiers bla bla, je prends la poudre d'escampette (souvenir de la biennale 2003 à Bamako), tout Kayes étant au stade, c'est le moment idéal pour visiter un peu plus la ville, une ville qui m'a beaucoup plu pour sa tranquilité, pour son cadre de vie, malgré la chaleur et la poussière, on se trouve ici en pays sahélien, soleil, sable, terre battue (le goudron commence à peine à faire son apparition).







Malgré surtout ses nombreux habitants clandestins : les moustiques et leurs prises de sang illégales. Ce sera mon pire cauchemar, occasionnant de toutes petites nuits voire même des nuits blanches. Imaginez des dizaines de moustiques entamant toute la nuit la plus horrible des symphonies, des petits malins trouvant même la plus petite des entrées de la moustiquaire et s'amusant à piquer au travers de mon drap ... et cette vision d'horreur tous les matins, ces dizaines d'escrocs bien rassasiés accrochés au filet de la moustiquaire ... de quoi avoir des pulsions meurtrières, non ?

La biennale est finie, au palmarès Tombouctou, Segou, Gao. Il est temps de partir, quitter ce petit monde, cette petite vie est un "déchirement" pour moi mais une chose est sûre, ma petite famille ne cesse de s'aggrandir...
Par Florence - Publié dans : Mali 2008
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Samedi 13 décembre 2008 6 13 /12 /Déc /2008 13:22
Un mois s'est écoulé depuis mon arrivée à Bamako, un mois de bonheur simple où il fait toujours aussi bon vivre.
Prendre le temps d'être là, d'observer, de regarder tout ce petit quotidien, la préparation du riz, du thé, les abblutions, les prières, le chant de l'imam qui s'invite dans tes rêves à 5h du matin,  tous ces gestes "économiques" comme dirait mon ami Ismael ; toute cette débrouille, ici tout est réparable, réutilisable ; tous ces petits métiers, vendeurs en tout genre, barbiers, manucure (ier?) ... déambulant dans la rue à la recherche d'une clientèle potentielle ; et enfin tous ces rituels de salutation, tous ces sourires....



Cette année, je loge dans une auberge familliale à Badalabougou, de l'autre côté du fleuve. Je partage mon quotidien avec Marietou et ses deux enfants Baba et Abiba. J'aime passer mes matinées en leur compagnie, le gros calin de Baba au réveil avant qu'il ne se mette en position "on" pour la journée, les petits moments avec Abiba qui fait des progrès chaque jour au niveau du langage, mais aussi les discussions avec Marietou, Ismael, Herman, les petits concerts privés de Momo certains soirs, guitariste, auteur-compositeur-interprète ... On se sent vraiment en famille.


 







L'idée en revenant au Mali était de vivre le moment présent, sans préoccupation particulière, ni organisation, ni objectif, juste vivre ce qui est à vivre, être là où le vent me mènera....


De belles retrouvailles, de belles rencontres m'ont amenée à rester pour l'instant sur Bamako et donnent à ce voyage une couleur musicale aux mille et une tonalités.




Les Babemba (danses et percussions traditionnelles) m'ont nommée manager de la troupe, je parlerai plutôt de coatching, de nombreux talents mais une organisation à l'africaine c'est à dire synonyme de non organisation. Les choses sérieuses vont réellement commencer, différents festivals sont prévus et il reste encore du travail. Si tout va bien je vais pouvoir les suivre, biennale à Kayes pendant une semaine suivi d'un rendez-vous au Sénégal avec l'éventualité d'être au mois de janvier à Essakane au festival du désert. Rien n'est sûr pour moi mais Inch'allah ... On y croit très fort.


Je prends toujours autant de plaisir à écouter le chant du balafon de Madou sous l'arbre aux milles chauve-souris, petits moments magiques au clair de lune. Je suis vraiment admirative pour ce musicien complet, maîtrisant à la perfection non seulement son balafon mais également le djembé et la guitare). D'ailleurs il a été sélectionné pour faire partie de l'orchestre qui représentera Bamako à la biennale. Petite initiation au balafon pour moi, beaucoup de courage et de bonne volonté mais que c'est dur de dissocier ses deux mains !!!!
La semaine dernière a eu lieu le festival du Théâtre des Réalités, (Tu vois Valérie, on était bien ensemble) pour la cérémonie d'ouverture, un conte équestre au bord du fleuve sous l'oeil attentif de dame lune. Durant toute la semaine, conférences, débats, projections, concerts et bien sûr pièces de théâtre s'enchaînent.
Petite pensée pour Clems et Phil, souvenez-vous le Maroc, le désert et une pancarte "Tombouctou, 52 jours à dos de chameau", pancarte qui devient le point de départ de l'Histoire du Sahara : "L'écho du pas de l'homme" avec la remarquable interprétation d'une comédienne hors paire.
La musique, toujours la musique m'ouvre de nouvelles portes. La rencontre avec un joyeux guitariste me mène à l'apprentissage du "vrai" bambara. Diplôme de formateur en main, il devient mon "maître" bambara.
Aujourd'hui je peux l'écrire, le lire (même si je ne comprends pas le dizième de ce que je lis) malgré quelques sonorités peu évidentes à prononcer. Le plus difficile dans cet apprentissage c'est de ne plus raisonner en français et ce n'est pas simple mais on s'accroche !!!
Bakary, chauffeur de camion, ami de la famille, m'impressionne par sa soif de connaissance, il peut lire le français sans être jamais allé à l'école !!! juste la volonté d'apprendre avec les moyens du bord ... la rue. Aujourd'hui il s'intéresse à l'anglais, on improvise donc des cours du soir, qui l'eut cru, Florence en prof d'anglais !!! même moi cela me fait rire !!!
Cette semaine, nous avons fêté Tabaski. La semaine précédente, on pouvait déjà sentir toute l'effervescence autour de cette fête, les marchés débordant d'étalages où il devient de plus en plus compliqué de circuler, les couturiers, les coiffeurs, les fabricants de chaussures, les transports en commun travaillant quasiment 24h/24h ... Tout doit être parfait. Lundi, la fête commence ... le mouton doit être égorgé avant la prière de 9h. Ayant déjà vécu ces scènes "horribles" il y a quelques années, je préfère rester tranquillement à la maison. Après la prière, les femmes se mettent à la tâche. Le mouton est cuisiné de différentes manières, en sauce avec du riz, de la semoule ou tout simplement grillé. Les femmes arborent ensuite leur plus belle tenue : le nouveau basin confectionné pour l'occasion, les bijoux plus clinquants les uns que les autres. Et le rituel commence, visite aux familles pour présenter le sambe sambe, demander pardon et souhaiter beaucoup de bonheur à venir.
Je vais passer la journée à manger du très bon mouton et à visiter mes différentes familles en croisant tout au long de mon périple, des têtes et des pieds de mouton calcinés !!!
D'ailleurs en parlant de nourriture, je pense que pour la première fois je vais revenir avec quelques kilos en plus. Mise à part l'attaque d'une brochette à l'ail dans les premières semaines, me transformant en guimauve pendant plusieurs jours, me privant par là-même du deuxième effet de la plus belle des surprises : Isa à Bamako !!!, je me régale et mange de bon coeur (à la Flo tout de même!). J'apprécie tout particulièrement les rendez-vous déjeuners une à deux fois par semaine avec une joyeuse bande de loustics franco-malien-Burkinabe.
Petite pensée pour les danseurs de salsa, je vous accompagne dans la danse tous les jeudis soirs ... il n'y a pas de hasard.
Amis tilaliens, merci pour ce joli présent !!!
A bientôt pour de nouvelles aventures !!
Par Florence - Publié dans : Mali 2008
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