Mercredi 4 février 2009
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22:46
J-3 : le départ approche à grands pas. J’en ai bien conscience mais ce n’est pas encore palpable. Je
profite un maximum du temps qu’il me reste et redevient par là-même un peu française dans la manière de gérer ce temps.
Depuis ma rencontre avec K, les bonnes choses comme on dit ici continuent de me sourire, une chouette matinée passée dans le studio d’enregistrement de l’ORTM, à être surprise (limite à rougir)
par les différentes dédicaces des journalistes à l’antenne, c’était d’ailleurs très intéressant de les voir travailler et très surprenant de constater que la K7 vit encore ici de beaux jours.
Un petit week-end à Kourémalé, village frontalier avec la Guinée, dans une auberge tenue par une chouette petite famille qui souhaiterait me garder quelques jours afin de
m’occuper de la décoration d’intérieur, encore un projet qui m’aurait bien plu mais encore une fois le temps me manque, à défaut on échangera quelques idées. Ce petit week-end fut des plus
appréciés, sortir de Bamako, de ses embouteillages, du bruit et de la pollution, m’échapper un peu de la troupe et de sa gestion et profiter en toute simplicité de ce calme ambiant, à écouter les
petites anecdotes africaines au coin du feu par un beau ciel étoilé, ma petite chambre avec son lit coulé en béton et son matelas de paille … quelle nuit récupératrice !! Le réveil,
quant à lui, fut comment dirais-je, un peu film gore, ma première vision fut celle d’un bœuf, les quatre pattes en l’air, en train de se faire dépecer, juste devant nous … on ne pourra rien
dire, ce sont des Guinéens, c’est marrant de savoir qu'à peine à 10 mètres de l’entrée de l’auberge, on met le pied en Guinée. Il faut donc faire attention à ne pas rentrer illégalement dans le
pays !
De belles petites soirées musicales au palais de la culture pendant le
festival « Les voix de Bamako », avec les concerts des Tartit, du Super Biton de Ségou avec un petit virtuose de la batterie (8 ans, cela promet pour la suite), de Mangala Camara, un
chanteur des plus populaires ici mais aussi des plus atypiques que j’ai eu la chance de côtoyer presque quotidiennement, toujours en toute simplicité, mais aussi de Néba Solo et de ses balafons
enchanteurs.
Ce festival aurait été parfait si d’une part il n’avait pas fait si froid, et oui difficile de vous parler du temps quand on connaît les intempéries françaises, mais ici aussi on a eu notre
hiver, bon d’accord 10 jours seulement, mais les baisses de températures étaient un peu violentes, je passai mes nuits emmitouflée dans ma polaire, mon gilet et mon chech (et j’avais encore
froid), et si d’autre part il n’avait été entaché par le deuil subit d’un grand musicien, le trompettiste Harouna Barry.
Une semaine avant le départ, la danse, il était temps, quelques répétitions avec la troupe, mais surtout des petits cours avec Anaëlle et Sissoko, le danseur d’exception des Babemba, avec en
prime ses chants envoûtants. Ca bosse !! mes pieds qui ressemblaient déjà à ceux d’une broussarde (j’avoue que j’ai un peu honte quand même !) sont meurtris par les gerçures, mais bon
au point où ils en sont !!
Après l’effort, le calme de l’atelier de bogolan où l’on me délivre les secrets de cet art noble, d’ailleurs, après l’apprentissage sur de grands tableaux, je réalise les finitions de deux robes
conçues spécialement pour moi ! je les aurais bien fait rire avec mon sens un peu trop développé de la perfection, voire parfois de l’acharnement (je suis restée plus de 8h
dessus un jour alors que la nuit était déjà tombée ! Mais quelle fierté de les porter et d’entendre que c’est bien fait ! Que j’apprécie ces moments passés ici, à discuter avec les uns,
les autres, parfois j’ai même l’impression d’être une personnalité, avec toutes ces salutations.
Après Salif Keita, Toumani Diabaté, Mangala Camara, c’est avec le plus
grand plaisir que j’ai rencontré Habib Koité, encore une fois, toujours avec simplicité, en assistant à une répétition d’exception, c’était limite un concert tellement c’était fluide et maîtrisé,
des musiciens hors paires, notre petit joueur de tamani et son sourire, hein ma zaza, qu’est-ce que j’ai pensé à toi, un bassiste incroyable et tous en fait, petits moments d’exception,
Habib chantant a capella avec le balafon qui répétait ses mélodies, et cette petite coupure de courant qui nous offrira une version acoustique éclairée au « portable » !
Premier concert de l’orchestre des Babemba, quelques petites améliorations à apporter mais c’était chouette de pouvoir les voir jouer avant le départ.
Le départ c’est un mot qui a un goût amer ces jours-ci. Ce séjour est passé tellement vite, difficile de croire
qu’il faille déjà rentrer mais bon c’est comme ça, je vais en profiter jusqu’au bout, je me suis arrangée avec une personne d’Air France pour arriver un peu plus tard à l’embarquement afin de
pouvoir assister au début du concert d’Habib et de partir fissa pour vous retrouver en espérant ne pas me faire attraper par le froid !